HISTOIRE DU PRÉNOM
Âat est un prénom rare et ancien, à forte charge symbolique. Il ne relève pas d’un usage descriptif courant, mais d’un nom à valeur conceptuelle et statutaire, choisi pour exprimer une élévation et une importance particulière.
Dans la tradition égyptienne, le prénom n’est jamais neutre : il participe à l’identité, au rang et à la légitimité de la personne. Donner le nom Âat revenait donc à affirmer une grandeur morale, sociale ou royale, en cohérence avec l’idéologie égyptienne où le nom inscrit l’individu dans l’ordre du monde et la continuité dynastique.
Aujourd’hui, Âat demeure un prénom exceptionnel, choisi pour sa portée historique, sa rareté et la puissance de son sens, sans correspondre à une tradition de transmission continue.
Décomposition du prénom Âat
Âat est issu de l’égyptien ancien et correspond à la translittération ꜣȝ.t. Il ne s’agit pas d’un mot composé, mais d’un lexème nominal complet.
Décomposition :
ꜣȝ (âa) : signifie « grand », « élevé » ou « noble ». C'est une racine lexicale exprimant l’idée de grandeur, d’élévation ou d’importance;
-t : suffixe nominal féminin, fréquent en égyptien ancien, marquant le genre grammatical.
Ainsi, Âat signifie littéralement « la Grande ».
Sur le plan phonétique reconstruit, la forme est généralement rendue [ʕaːt] ou [aːt], selon les conventions de restitution.
Ce terme est linguistiquement attesté, employé comme nom personnel féminin, notamment dans un contexte royal, où la notion de grandeur renvoie à la fois au statut, à la dignité et à la légitimité.
Les Âat célèbres
Le principal personnage historique portant le prénom Âat est Âat, elle-même. C'est une reine de la XIIᵉ dynastie égyptienne (Moyen Empire), épouse du pharaon Amenemhat III. Sa présence est attestée par sa sépulture découverte sous la pyramide de son mari à Dahchour, où ses titres incluent notamment « Femme du roi », «Princesses héréditaire » et « Son épouse bien-aimée ». Les objets funéraires associés à sa tombe (bols en albâtre, sarcophage, table d’offrandes) confirment son statut royal. Aucune autre personnalité antique ou contemporaine de notoriété comparable ne porte ce prénom dans les sources disponibles aujourd’hui.
Variantes CONNUES du prénom Âat
Sources
PEUPLES
Égyptien ancien :
Chez les anciens Égyptiens, peuple africain dont les premiers royaumes s’étendaient de la Nubie à la Basse-Égypte, le choix du prénom était un acte profondément spirituel et réfléchi. Donner un nom, c’était donner une existence. Le ren, le nom véritable, faisait partie de l’âme : tant qu’il était prononcé, la personne continuait de vivre dans la mémoire des siens et dans l’ordre du monde. À la naissance, les parents, parfois conseillés par des prêtres, choisissaient le prénom selon la protection d’un dieu, une vertu souhaitée ou un signe particulier observé à la venue de l’enfant. Ainsi, les noms théophores invoquaient directement les divinités – Tut-ankh-amun (« l’image vivante d’Amon »), Ra-mes-su (« né de Rê ») – tandis que d’autres exprimaient un souhait de santé, de beauté ou de stabilité : Seneb (« en bonne santé »), Neferet (« la belle »), Djed-ka-Ra (« stabilité de l’esprit de Rê »). Chez les Nubiens, voisins et parfois souverains de l’Égypte, la même conception sacrée du nom se retrouvait : les rois de Kouch, tels Piye ou Taharka, portaient eux aussi des noms liés aux dieux et à la lignée. Dans ces civilisations, le prénom n’était pas une simple appellation : c’était une parole vivante, un lien entre l’enfant, ses ancêtres et les forces divines qui régissaient le monde.










