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Abina

Ghana, Côte d’Ivoire

Écriture original :

Abina

≈ /abina/

Afrique de l'Ouest

Abina

Féminin

« Née un mardi »

Écriture original :

Abina

Zone :

Afrique de l'Ouest

Ghana, Côte d’Ivoire

≈ /abina/

HISTOIRE DU PRÉNOM




Le prénom Abina appartient au système traditionnel des noms de jour akan, principalement associé au Ghana et, plus largement, aux populations akan d’Afrique de l’Ouest. Dans ce système, Abina est une forme féminine attribuée à une fille née un mardi.


La tradition akan associe chacun des sept jours de la semaine à des noms personnels masculins et féminins. Ces noms peuvent être utilisés seuls ou accompagnés d’autres noms familiaux, circonstanciels, religieux ou honorifiques. Le nom de jour conserve ainsi une information très simple mais importante sur les circonstances de naissance de la personne.


La Ghana Tourism Authority documente pour le mardi les formes masculines Kwabena et des formes féminines comprenant Abena, Abina et Abénaa. Abina doit donc être compris comme une forme régionale ou orthographique du nom calendaire féminin du mardi, et non comme un prénom ayant une étymologie totalement différente d’Abena.


Les différences entre Abina, Abena et d’autres formes proches reflètent la diversité linguistique du monde akan et les différentes conventions de transcription utilisées au fil du temps. Les langues et variétés akan ne possèdent pas toutes exactement les mêmes réalisations phonétiques ou les mêmes habitudes graphiques.


Le prénom est également attesté historiquement en Côte-de-l’Or, l’actuel Ghana. Au XIXᵉ siècle, une jeune femme akanophone connue sous le nom d’Abina Mansah apparaît dans les archives judiciaires coloniales. Son témoignage de 1876 est aujourd’hui étudié par les historiens de l’esclavage, du genre et de l’histoire sociale de l’Afrique de l’Ouest.


Dans certaines transcriptions coloniales, son prénom apparaît sous la forme Abinah. Cette graphie avec un h final reflète les pratiques orthographiques britanniques du XIXᵉ siècle et ne doit pas être considérée comme une forme akan moderne.


Pour conclure, le sens principal retenu pour Abina est donc « née un mardi », conformément à son rôle dans le système calendaire akan.




Décomposition du prénom ABINA



Abina n’est pas présenté ici comme un prénom composé que l’on pourrait découper avec certitude en plusieurs morphèmes possédant chacun une traduction indépendante.


Son sens provient de sa place dans le système des noms de jour akan. La Ghana Tourism Authority donne Ɛbénada comme nom du mardi et associe à ce jour Kwabena pour les hommes et Abena, Abina ou Abénaa pour les femmes.


On retient donc la traduction « née un mardi » plutôt que de fabriquer une décomposition syllabe par syllabe non attestée.


Kwabena n’est pas une variante féminine d’Abina. Il correspond au nom masculin du mardi dans la tradition akan.




Les ABINA célèbres



1. Abina Mansah est une jeune femme akanophone du XIXᵉ siècle dont le témoignage constitue une source historique importante sur l’esclavage et la condition des femmes en Côte-de-l’Or. En 1876, après avoir fui la situation dans laquelle elle était maintenue, elle porta plainte contre Quamina Eddoo, qu’elle accusait de la détenir illégalement comme esclave.


Son affaire fut entendue à Cape Coast. Le procès se termina par l’acquittement d’Eddoo, mais le témoignage d’Abina fut conservé dans les archives judiciaires. Il a ensuite été étudié notamment par l’historien Trevor R. Getz et a donné naissance à l’ouvrage Abina and the Important Men, publié par Oxford University Press.


Abina Mansah n’était pas une célébrité au sens moderne du terme. Son importance vient de la conservation exceptionnelle de sa voix dans les archives et de la place que son témoignage occupe aujourd’hui dans l’étude de l’histoire sociale ouest-africaine.




Variantes CONNUES du prénom ABINA



Abina est une forme documentée du nom féminin akan correspondant au mardi.


Abena est aujourd’hui l’une des formes les plus connues et les plus largement utilisées pour le même nom de jour féminin.


Abénaa et Abenaa sont également des graphies documentées dans les traditions ghanéennes et les sources consacrées aux noms de jour.


Abinah est une graphie historique rencontrée dans les archives coloniales britanniques, notamment dans la transcription du témoignage d’Abina Mansah. Elle reflète une convention orthographique ancienne et n’est pas retenue comme forme akan moderne de référence.


Kwabena appartient à la même paire calendaire, mais il s’agit de la forme masculine du mardi et non d’une variante d’Abina.




PEUPLES

  • Akan

Les Akan forment un vaste ensemble ethnolinguistique d’Afrique de l’Ouest, établi principalement au Ghana et dans plusieurs régions de Côte d’Ivoire. Le terme Akan recouvre différentes communautés et traditions régionales, notamment les Asante, Akuapem, Akyem, Fante, Bono, Agona et plusieurs groupes apparentés. Les variétés akan les plus connues comprennent l’Asante, l’Akuapem et le Fante, auxquelles s’ajoutent d’autres variétés régionales.


Dans les sociétés akan, le prénom est bien plus qu’une simple étiquette. Les travaux d’onomastique montrent que les noms fonctionnent comme de véritables marqueurs sociaux et culturels. Ils peuvent indiquer le jour de naissance, rappeler une histoire familiale, une circonstance particulière, une croyance religieuse, une position sociale, un proverbe ou une aspiration.


L’une des traditions les plus connues est celle des noms de jour. Une fille ou un garçon peut recevoir un nom correspondant au jour de la semaine où il ou elle est né(e). Les formes les plus répandues en twi sont :

  • Dimanche : Kwasi pour un garçon, Akosua pour une fille.

  • Lundi : Kwadwo pour un garçon, Adwoa pour une fille.

  • Mardi : Kwabena pour un garçon, Abena pour une fille.

  • Mercredi : Kwaku pour un garçon, Akua pour une fille.

  • Jeudi : Yaw pour un garçon, Yaa pour une fille.

  • Vendredi : Kofi pour un garçon, Afua pour une fille.

  • Samedi : Kwame pour un garçon, Ama pour une fille.


Ces formes varient selon les dialectes et les communautés. Le Fante, par exemple, peut employer des formes différentes ou parallèles comme Kwesi, Kojo, Kobina, Ekua, Efua ou Araba. Les différences régionales ne doivent donc pas être considérées comme des fautes, mais comme l’expression de la diversité interne du monde akan.


Les noms de jour ne représentent qu’une partie du système. Les recherches de Kofi Agyekum distinguent également des noms familiaux, des noms liés aux circonstances de naissance, des noms théophores, des noms faisant référence à la flore ou à la faune, des noms proverbiaux, des noms de parenté, des noms de fonction et d’autres catégories encore. Ainsi, un individu peut porter plusieurs noms qui racontent différents aspects de son identité.


Dans plusieurs descriptions du système akan, le nom de jour est complété par un nom transmis par la famille, souvent choisi dans le réseau paternel ou en hommage à une personne respectée. Les pratiques varient cependant selon les sous-groupes, les lignages, la religion et l’histoire familiale.


  • Donation du prénom

La cérémonie traditionnelle de nomination est couramment appelée Abadinto en Asante Twi. Elle est également décrite en anglais comme une outdooring ceremony, c’est-à-dire une cérémonie au cours de laquelle le nouveau-né est présenté publiquement à sa famille et à la communauté.


Dans de nombreuses descriptions akan, l’Abadinto a lieu le huitième jour après la naissance. Le bébé a traditionnellement passé ses premiers jours à l’écart de la vie publique, puis la cérémonie marque son entrée symbolique dans la famille et dans la communauté. Ce calendrier est bien documenté, mais certaines pratiques peuvent varier selon les familles, les régions et les appartenances religieuses.


Le jour de la cérémonie, le prénom est annoncé publiquement devant les parents, les aînés et les proches. La nomination ne sert pas uniquement à identifier l’enfant : elle officialise son appartenance sociale et relie le nouveau-né à son histoire familiale.


Un rite particulièrement documenté utilise de l’eau et une boisson alcoolisée. Un aîné touche symboliquement les lèvres de l’enfant avec les deux liquides en répétant une formule qui lui enseigne à appeler l’eau « eau » et la boisson « boisson ». Le geste transmet une leçon de vérité et d’honnêteté : l’enfant est invité à dire les choses telles qu’elles sont, quelles que soient les circonstances.


Dans certaines communautés, des prières, bénédictions et libations peuvent accompagner la cérémonie. Les objets utilisés, la personne qui officie et l’ordre exact des gestes ne sont pas identiques partout. Les pratiques contemporaines peuvent également intégrer des éléments chrétiens ou musulmans aux traditions familiales akan.


La nomination reflète donc plusieurs dimensions à la fois. Le jour de naissance peut donner un premier nom, tandis qu’un nom familial ou circonstanciel inscrit l’enfant dans une lignée ou rappelle une histoire particulière. Donner un prénom revient ainsi à situer l’enfant dans le temps, dans sa famille et dans la communauté.


Sources : Kofi Agyekum, « The Sociolinguistics of Akan Personal Names », Nordic Journal of African Studies, 2006 ; Olive Akpebu Adjah, « What is in a name? Ghanaian Personal Names as Information Sources », African Research and Documentation, 2022 ; Akwasi Arko-Achemfuor, « Naming of children and meaning of names among the Akan of Ghana », Southern African Journal for Folklore Studies, 2018 ; travaux de l’Université du Ghana sur l’Abadinto et les rites symboliques de nomination ; ressources linguistiques sur les variantes twi et fante.

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