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Nefertari

Égypte Antique

Écriture original :

𓄤𓏏𓁐𓂋𓇋 (Nfr.t-jry)

/nɛ.fɛr.ta.ri/

Afrique du Nord

Nefertari

Féminin

« Celle qui est la plus belle » ou « La belle de la terre »

Écriture original :

𓄤𓏏𓁐𓂋𓇋 (Nfr.t-jry)

Zone :

Afrique du Nord

Égypte Antique

/nɛ.fɛr.ta.ri/

HISTOIRE DU PRÉNOM

L’origine du prénom Nefertari remonte à la période du Nouvel Empire égyptien, quand la royauté incarnait l’ordre cosmique (Maât) et la perfection terrestre. Dans la pensée égyptienne, la beauté (nfr) n’était pas une simple qualité physique : elle exprimait l’harmonie divine, la justesse morale et la plénitude de l’être. Porter un nom contenant nfr revenait à affirmer un lien avec l’équilibre universel voulu par les dieux. Ainsi, les reines appelées Néfertari, notamment Néfertari Meryenmout, épouse de Ramsès II,  représentaient l’idéal de la femme parfaite : belle, juste et protectrice, miroir terrestre de la déesse Hathor.


Ce prénom symbolisait la complétude, la grâce sacrée et la faveur divine. Dans un contexte où les noms étaient choisis pour leur pouvoir spirituel, Néfertari évoquait celle qui apporte la beauté et l’ordre au monde, celle qui incarne la Maât au sein du palais et du peuple. Les inscriptions retrouvées à Abou Simbel et dans la Vallée des Reines montrent que ce nom n’était pas anodin : il liait la reine à la sphère céleste, garantissant sa mémoire éternelle et son union avec les dieux après la mort.


Aujourd’hui encore, Néfertari reste l’un des prénoms les plus emblématiques de l’Égypte antique : il relie la féminité à la perfection, la royauté à la pureté, et la beauté humaine à l’ordre divin.




Décomposition du prénom NEFERTARI



Le prénom Nefertari  est composé de trois éléments :


nfr → racine très ancienne signifiant « beau », « parfait », « bon », « complet ».


 C’est un mot-clé de la langue égyptienne classique, utilisé aussi bien pour décrire la beauté physique que la perfection morale ou spirituelle. On le retrouve dans plusieurs noms royaux et divins (ex. Néfertiti = « la belle est venue »).


tȝ → élément souvent rendu par ta, pouvant désigner « la terre », « celle de », ou servir de liaison grammaticale entre deux parties du mot. Dans certains contextes nominaux féminins, il renforce la structure du nom ou marque l’appartenance.


rj / ri → suffixe féminin courant dans les noms propres, souvent interprété comme un complément exprimant la possession, la relation ou la qualité, équivalent de « celle qui » ou « appartenant à ».


Ainsi, Nefertari signifie littéralement : « Celle qui est la plus belle », « La belle de la terre »




Les NEFERTARI célèbres



Malgré sa forte notoriété, Néfertari demeure un prénom rare dans l’histoire. Il est attesté pour au moins deux reines du Nouvel Empire : Néfertari Mérytmut, grande épouse royale de Ramsès II (XIXᵉ dynastie), dont le nom est abondamment documenté par les inscriptions, le temple d’Abou Simbel et la tombe KV66, ainsi qu’une autre Néfertari, épouse de Thoutmôsis IV (XVIIIᵉ dynastie), attestée par des sources épigraphiques mais beaucoup moins connue. En dehors de ces figures royales du Nouvel Empire, le prénom ne semble pas avoir été largement diffusé dans l’Antiquité, et ses usages contemporains relèvent principalement d’hommages historiques, culturels ou symboliques.




Variantes CONNUES du prénom NEFERTARI



Nefertary, Néfertary, Néfertari, Nofertari.





Sources 


Néfertari (épouse de Thoutmôsis IV)

Néfertari (épouse de Ramsès II)




PEUPLES

  • Égyptiens de l’Antiquité

Les Égyptiens de l’Antiquité vivaient principalement dans la vallée et le delta du Nil, au nord-est du continent africain. Leur territoire formait une longue oasis fluviale entourée de déserts, ouverte vers la Méditerranée, le Proche-Orient, la Nubie et l’intérieur de l’Afrique. Le rythme du Nil structurait l’agriculture, les déplacements, l’économie et une partie de la pensée religieuse.


L’histoire pharaonique couvre plus de trois millénaires et ne constitue pas une culture immobile. La langue, les pratiques religieuses, l’organisation politique et les usages sociaux ont évolué entre l’Ancien Empire, le Moyen Empire, le Nouvel Empire et les périodes plus tardives. L’égyptien ancien appartient à la famille des langues afro-asiatiques. Il fut écrit sous plusieurs formes, notamment en hiéroglyphes, en hiératique puis en démotique. Les écritures les plus anciennes notaient surtout les consonnes, ce qui explique pourquoi la prononciation exacte de nombreux prénoms reste partiellement reconstruite aujourd’hui.


Dans la société égyptienne, le nom, rn, faisait partie intégrante de l’identité. Le même mot pouvait également être associé à l’idée de réputation. Préserver le nom d’une personne sur une stèle, une statue, une tombe ou un objet permettait de maintenir sa mémoire. À l’inverse, effacer volontairement un nom pouvait participer à la destruction symbolique de cette identité.


Les prénoms égyptiens pouvaient prendre des formes très différentes. L’analyse des noms conservés dans KUSHAWÏ reflète cette diversité :

  • les noms théophores font référence à une divinité et peuvent exprimer qu’une personne est aimée, donnée, protégée ou soutenue par elle. Merneptah signifie par exemple « Aimé de Ptah », tandis que de nombreux noms incorporent Amon, Rê, Sobek, Khonsou, Bastet, Neith ou d’autres divinités.

  • les noms liés à une qualité ou à un souhait peuvent évoquer la beauté, la force, la santé, la vie ou la paix. Dans le catalogue KUSHAWÏ, Nefertari renvoie à la beauté et Néferhotep associe l’idée de perfection à la paix.

  • les noms familiaux ou liés à la naissance peuvent évoquer la mère, le père, la filiation, la venue au monde ou une circonstance particulière de la naissance.

  • les noms royaux demandent une attention particulière. Le nom reçu à la naissance n’était pas nécessairement le seul nom porté par un souverain. Au cours de l’histoire égyptienne, la titulature royale s’est développée jusqu’à comprendre plusieurs noms, dont un nom de trône adopté lors de l’accession au pouvoir.


Une même personne pouvait porter plusieurs noms. Les sources de l’Ancien Empire montrent des individus avec deux, parfois trois noms. Un nom plus court ou familier pouvait coexister avec un nom plus formel, et certains noms pouvaient être ajoutés ou modifiés au cours de la vie. La répétition des noms à l’intérieur des familles est également bien attestée.


  • Donation du prénom

Contrairement à certaines sociétés africaines dont la cérémonie de nomination est précisément décrite, aucune cérémonie universelle de donation du prénom n’est actuellement attestée pour l’ensemble de l’Égypte ancienne. Les sources archéologiques documentent des pratiques protectrices autour de la grossesse et de la naissance, mais elles ne permettent pas de reconstruire un rituel standard de nomination valable pour toutes les époques et toutes les régions.


Les textes fournissent néanmoins un indice important sur l’attribution du nom. Une étude des pratiques d’identification égyptiennes indique que le nom de naissance était probablement donné par la mère, selon l’image de la mère qui « met au monde l’enfant et son nom », puis proclamé par le père. Les spécialistes soulignent toutefois que la formule exacte, le moment et le contexte de cette proclamation restent inconnus.


Dans les Textes des Sarcophages, une formule décrit également l’enfant comme ayant été façonné par son père et nommé par sa mère. Cette association montre que nommer pouvait être pensé comme un acte de création. Le nom n’était donc pas seulement une étiquette administrative : le prononcer établissait l’identité de l’individu.


Le choix pouvait s’appuyer sur plusieurs logiques :

  • la relation au divin, avec des noms invoquant ou mentionnant une divinité ;

  • la famille et la filiation, avec la reprise de noms appartenant à des parents ou à des générations précédentes ;

  • les circonstances de la naissance, le sexe de l’enfant, son origine, une réaction de la mère ou un événement particulier ;

  • un souhait ou une qualité, comme la vie, la force, la beauté, la santé, la paix ou la protection ;

  • le roi ou le pouvoir, certains noms intégrant le nom d’un souverain ou exprimant un lien avec lui.


À certaines périodes, la transmission familiale du nom est clairement attestée. Au Ier millénaire avant notre ère, il était notamment fréquent de donner à un enfant le nom d’un grand-parent. Lorsque plusieurs membres d’une famille portaient le même nom, des précisions comme « l’aîné » ou « le jeune » pouvaient être ajoutées pour les distinguer.


La naissance elle-même pouvait être entourée de pratiques religieuses et protectrices. Des briques de naissance, des objets aujourd’hui appelés « baguettes de naissance », des incantations et des représentations de divinités protectrices sont attestés. Cependant, ces objets ne doivent pas être présentés comme les accessoires d’une cérémonie de nomination : les égyptologues ne connaissent pas avec certitude leur usage précis, et les preuves d’un rite formel de nomination restent insuffisantes.


Pour KUSHAWÏ, il est donc plus rigoureux de parler d’attribution du prénom que de reconstituer une cérémonie unique. Ce que les sources montrent avec certitude, c’est l’importance exceptionnelle du nom dans l’identité, la mémoire familiale, la religion et la survie symbolique de la personne.


Sources : Arlette David, « Identification in Ancient Egypt from the Old Kingdom to the End of the New Kingdom », 2014 ; Günter Vittmann, « Personal Names: Function and Significance » et « Personal Names: Structures and Patterns », UCLA Encyclopedia of Egyptology, 2013 ; UCL Digital Egypt, ressources sur l’enfance, la langue et la titulature royale ; Steffie van Gompel, « Egyptian Names », Cambridge University Press, 2024 ; The Metropolitan Museum of Art, The Art of Ancient Egypt: A Resource for Educators.

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