HISTOIRE DU PRÉNOM
L’origine du prénom Nefertari remonte à la période du Nouvel Empire égyptien, quand la royauté incarnait l’ordre cosmique (Maât) et la perfection terrestre. Dans la pensée égyptienne, la beauté (nfr) n’était pas une simple qualité physique : elle exprimait l’harmonie divine, la justesse morale et la plénitude de l’être. Porter un nom contenant nfr revenait à affirmer un lien avec l’équilibre universel voulu par les dieux. Ainsi, les reines appelées Néfertari, notamment Néfertari Meryenmout, épouse de Ramsès II, représentaient l’idéal de la femme parfaite : belle, juste et protectrice, miroir terrestre de la déesse Hathor.
Ce prénom symbolisait la complétude, la grâce sacrée et la faveur divine. Dans un contexte où les noms étaient choisis pour leur pouvoir spirituel, Néfertari évoquait celle qui apporte la beauté et l’ordre au monde, celle qui incarne la Maât au sein du palais et du peuple. Les inscriptions retrouvées à Abou Simbel et dans la Vallée des Reines montrent que ce nom n’était pas anodin : il liait la reine à la sphère céleste, garantissant sa mémoire éternelle et son union avec les dieux après la mort.
Aujourd’hui encore, Néfertari reste l’un des prénoms les plus emblématiques de l’Égypte antique : il relie la féminité à la perfection, la royauté à la pureté, et la beauté humaine à l’ordre divin.
Décomposition du prénom NEFERTARI
Le prénom Nefertari est composé de trois éléments :
nfr → racine très ancienne signifiant « beau », « parfait », « bon », « complet ».
C’est un mot-clé de la langue égyptienne classique, utilisé aussi bien pour décrire la beauté physique que la perfection morale ou spirituelle. On le retrouve dans plusieurs noms royaux et divins (ex. Néfertiti = « la belle est venue »).
tȝ → élément souvent rendu par ta, pouvant désigner « la terre », « celle de », ou servir de liaison grammaticale entre deux parties du mot. Dans certains contextes nominaux féminins, il renforce la structure du nom ou marque l’appartenance.
rj / ri → suffixe féminin courant dans les noms propres, souvent interprété comme un complément exprimant la possession, la relation ou la qualité, équivalent de « celle qui » ou « appartenant à ».
Ainsi, Nefertari signifie littéralement : « Celle qui est la plus belle », « La belle de la terre »
Les NEFERTARI célèbres
Malgré sa forte notoriété, Néfertari demeure un prénom rare dans l’histoire. Il est attesté pour au moins deux reines du Nouvel Empire : Néfertari Mérytmut, grande épouse royale de Ramsès II (XIXᵉ dynastie), dont le nom est abondamment documenté par les inscriptions, le temple d’Abou Simbel et la tombe KV66, ainsi qu’une autre Néfertari, épouse de Thoutmôsis IV (XVIIIᵉ dynastie), attestée par des sources épigraphiques mais beaucoup moins connue. En dehors de ces figures royales du Nouvel Empire, le prénom ne semble pas avoir été largement diffusé dans l’Antiquité, et ses usages contemporains relèvent principalement d’hommages historiques, culturels ou symboliques.
Variantes CONNUES du prénom NEFERTARI
Nefertary, Néfertary, Néfertari, Nofertari.
Sources
Néfertari (épouse de Thoutmôsis IV)
Néfertari (épouse de Ramsès II)
PEUPLES
Égyptien ancien :
Chez les anciens Égyptiens, peuple africain dont les premiers royaumes s’étendaient de la Nubie à la Basse-Égypte, le choix du prénom était un acte profondément spirituel et réfléchi. Donner un nom, c’était donner une existence. Le ren, le nom véritable, faisait partie de l’âme : tant qu’il était prononcé, la personne continuait de vivre dans la mémoire des siens et dans l’ordre du monde.
À la naissance, les parents, parfois conseillés par des prêtres, choisissaient le prénom selon la protection d’un dieu, une vertu souhaitée ou un signe particulier observé à la venue de l’enfant. Ainsi, les noms théophores invoquaient directement les divinités – Tut-ankh-amun (« l’image vivante d’Amon »), Ra-mes-su (« né de Rê ») – tandis que d’autres exprimaient un souhait de santé, de beauté ou de stabilité : Seneb (« en bonne santé »), Neferet (« la belle »), Djed-ka-Ra (« stabilité de l’esprit de Rê »).
Chez les Nubiens, voisins et parfois souverains de l’Égypte, la même conception sacrée du nom se retrouvait : les rois de Kouch, tels Piye ou Taharka, portaient eux aussi des noms liés aux dieux et à la lignée. Dans ces civilisations, le prénom n’était pas une simple appellation : c’était une parole vivante, un lien entre l’enfant, ses ancêtres et les forces divines qui régissaient le monde.
